Reportages

JEUX D’ENFANTS

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Nous étions dans l’ancienne décharge de Maripa-Soula et cela est tout a fait étrange de voir des enfants s’y promener. Mais il y a de tout dans une décharge. Pieds nus ou en sandales ils avançaient décidés sur toutes sortes de matières jonchant le sol, si l’on peut appeler ça un sol. Ils marchaient sur des débris de verre, de fer, d’objets pointus, coupants, sans se soucier du danger. Si je n’avais pas eu de chaussures je ne crois pas que je les aurais suivis. Cet endroit n’existe plus, une nouvelle place de recyclage devrait y voir le jour, tout en accueillant encore aujourd’hui les déchets à ciel ouvert de la plus grande commune de France.

Les trois jeunes garçons recherchaient un bouchon spécial de couleur bleue. Un autre bouchon n’aurait pas fait l’affaire pour s’amuser comme ils le souhaitaient. Pour avoir la chance d’en trouver, ils ont dû parcourir pratiquement toute la décharge, les bouchons bleus sont rares et celui qui en trouve est bien heureux. On sentait une certaine tension entre eux, de qui des trois trouveraient le bouchon, il devrait être rapide et déterminé.

Après des recherches infructueuses, la ténacité paie.

Ça y est ! ils ont trouvé l’objet de leur désir, une bousculade s’opère et finalement sans plus de contact, le joyeux gagnant a dans sa main le bleu de la victoire.

C’est sur le chemin du retour que j’ai compris qu’ils savaient utiliser ce petit bouchon bleu ciel comme une toupie. Et le bouchon tournait, tournait, tournait comme par magie.

Tout ce chemin pour s’amuser et faire tourner sur lui-même un objet en équilibre. Une légère métaphore de la vie.

Le lieu ne compte plus seul le jeu en vaut la peine.

Janvincen

Guyane/Gwiyàn 2012 janvincen

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UNE ÉTRANGE CHASSE AU RAMIER

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Il n’y a pas eu de ramier ce jour là ! C’est assez inquiétant parce que c’est une première pour Alain qui connait bien les bois. Il s’y aventure depuis plus d’une quarantaine d’années.

Il sent que la forêt souffre de l’homme, mais pas d’un homme comme lui qui y a puisé des forces et lier des amitiés. Un chasseur consciencieux, écoutant les soubresauts des arbres, imitant les chants d’oiseaux, observant les graines à la cime des grands arbres, sait bien que nous sommes dépendant de la nature.

Cette forêt à été modifiée, on y a planter du Mahogani avec l’intention de s’en servir un jour. Des vestiges  d’habitations résident encore en ces lieux imprégnés de souvenirs qui parfois hérissent le poil d’Alain. Les bois détiennent des forces qui existent encore chez l’humain , réveillant les objets enfouis de notre pensée, celle qui nous renvoi à nous-même.

La pollution de l’air altère la photosynthèse en déposant sur les feuilles des jeunes pousses notamment, une couche noirâtre , qui asphyxie les plans.

Cette balade nous a donné soif de connaissance du milieu de la chasse. Qui est intimement lié à la nature ne peut que s’en préoccuper.

Nous avons été étonné de l’intérêt d’ Alain de nous instruire, arrivant a transmettre cet amour de la nature en faisant découvrir l’immense secret qu’occupe cette magnifique forêt.

 

 

Gwadloup/Guadeloupe Juillet 2014

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KABWA ! comme un son sortant de loin, formant la légende.

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De retour sur la scène, le mythique KABWA des temps modernes.

Guadeloupe/Gwadloup 2014

Modifié le 01/09/2014 15h08 heure locale

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Pêche de l’écrevisse “Caca d’or” avec “Mad boy”.

 

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Caca d’or, cribiches, ouassous et écrevisses font le bonheur de ceux qui connaissent encore comment cuisiner les fruits d’eau douce. Véritable plaisir de plus de 7h de pêche à travers la rivière sinueuse, pleine de bassins en pleine forêt. Cela fait longtemps que l’on n’avait pas entendu de si bonnes nouvelles. Le Chloredécone a été utilisé sur une bonne partie des terres agricoles, en conséquence beaucoup des ruisseaux qui font les rivières sont polluées. C’est une chance inouïe aujourd’hui de trouver des Caca d’or sans danger. La nature est un oasis tant que les humains rêvent, une fois que la nature disparait, les cauchemars remplacent les illusions mais pas la faim.

Une pensée à celui qui nous a emmené ” Mad boy”, et qui a aussi découvert les joies de cette pêche il n’y a pas si longtemps. Un moment d’exception, alors que les supermarchés nous inondent parfois de choses immondes qui n’ont plus de saveurs, artificielles.

 

Guadeloupe/Gwadloup Juillet 2014.

modifié le 01/09/2014 2h54 heure locale.

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PAPA APODO BLAKAMAN et son équipe mènent l’enquête

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La pollution n’a plus de limites, les ordures sont dorénavant partout disséminées. Le Capitaine Apodo, Rémi Bagadi et Semsem sont au front.

Maripa-Soula est un village français sur le fleuve “Lawa”, que nous connaissons plus communément comme étant le Maroni. De l’autre côté nous apercevons le Suriname et ses commerces, plus connu sous le diminutif d’Albina 2, ceci faisant référence à Albina, grande place commerciale située en face de la ville de Saint-laurent du Maroni, à 500 km de là environ et ou l’on se procure à moindre coût les vivres et le superflu nécessaire.

Albina 2 n’a pas de décharge et tout est déversé dans le fleuve, ou sur des sites sauvages, en forêt, ce qui défigure la nature, rendant l’eau impropre à la consommation.La question des toilettes à été évoquée. Les excréments doivent aller au fleuve. Ce puissant fleuve est capable de recycler cette eau. Mais lorsque des fosses stockent les excrémentiels, stagnent et se déversent lorsque le fleuve monte, ce n’est pas une solution sur le long terme ni sur le moyen terme.

Combien de fleuves propres reste-t-il ?

Espérons que nous sauverons celui-la.

Au cours de notre navigation sur le fleuve, nous avons rencontré le Dr Sabine W.J Luning*, anthropologue et professeur à l’Université de Leiden aux Pays-bas. Elle travaille actuellement sur le projet GOMIAM qui a comme problématique l’orpaillage, étudiant, expérimentant de nouvelles techniques afin de diminuer son impact sur la nature et sur les êtres vivants.

Les capitaines de Papaïchton, Maripa-Soula et des villages Amérindiens devraient se réunir plusieurs fois encore pour prendre la bonne décision à propos des déchets. La France considère la moitié du fleuve comme faisant partie de son territoire, là-dessus le Suriname reste flou, et les frontières comme par le passé n’existent pas vraiment. Sauf qu’aujourd’hui si le fleuve est livré à lui-même il entrainera des peuples avec lui. En continuant à polluer le fleuve en plus du mercure pour la recherche de l’or, par l’acide des batteries, avec l’huile des moteurs, l’essence, les détergeants, les piles, les vieilles télévisions, les réfrigérateurs, les objets usuels, nous réduisons nos chances de nous alimenter en eau potable, de manger du poisson sain, de nous laver, de vivre et d’entrainer les générations.

Des efforts seront encore nécessaires pour protéger cette jugulaire de Guyane.

Immersion de plusieurs mois sur les deux rives du Maroni.

*http://www.socialsciences.leiden.edu/anthropology/organisation/faculty-staff/luning-sabine.html
GOMIAM: http://www.gomiam.org/content/

Maripa-soula 2013-2014

 

 

Tous droits réservés pour les textes et les photographies. Janvincen 2014

 

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“SEMSEM” alias Franscisco Rodriguès da Silva

 

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“SEMSEM”, ancien guarimpeiro devenu un protecteur de la nature à l’état brut. Aujourd’hui vivant à la belle étoile et connaissant les deux rives du Maroni au niveau de Maripa-Soula, le côté Français et le côté Surinamais ne font qu’un pour lui. C’est lui qui le premier alertait début 2012 sur la situation désastreuse de la non-gestion des ordures humaines, stimulant la prise de conscience du Capitaine Papa Apodo puis de Rémi Bagadi sur le sujet de la pollution. “SEMSEM” considère que c’est un combat, une mission que de sauvegarder l’eau propre du LAWA le fleuve, mais son moral est mis à rude épreuve. Plusieurs fois les commerçants d’Albina 2 s’en sont pris à lui, menaçant sa vie. Quand je l’ai quitté sa tristesse était grande pour la nature et l’espoir que les autorités du fleuve fassent avancer les choses s’amoindrissait. Son état physique témoignait d’une grande endurance mais aussi d’une grande fragilité. Nous avons été ensemble dans tous les endroits ou nous pouvions débusquer une décharge sauvage et la filmer. A maintes reprises nous nous sommes étonnés de tant de chaos et nous avons ri de nous même et des choses que nous pourrions faire pour montrer en témoignant sur les désordres qu’engendreraient une pollution chimique grandissante du Maroni. La pêche n’est plus aussi bonne qu’avant et sur cela beaucoup de monde tombe d’accord. Incessante marche à parcourir l’immense espace qu’est la forêt amazonienne et découvrir aux alentours les réceptacles du nouveau monde, l’insalubre espace disséminé.

Les guarimpeiros polluent les eaux du Maroni en y mélangeant du Mercure afin que l’or s’y trouve collé. Remuant la terre où des coulées de boue se dispersent dans l’eau du fleuve, augmentent la turbidité de celle-ci où les poissons se perdent et “se cognent la tête” Marie 24 ans. Ils font aussi pression sur le gibier en chassant autour des sites d’orpaillages.

La recherche frénétique de l’or cumulée avec les décharges sur terre comme dans l’eau vont progressivement altérer la vie ancestrale des Bushinenges et des Amérindiens.

De mon intérêt pour la nature, j’ai foulé beaucoup de décharges, senti de pestilentielles vapeurs et je ne pensais pas trouver ici matière à débattre mais la réalité où l’illusion que j’en ai me glace encore le dos.

“SEMSEM” n’arrêtait pas de me dire “Maki felong, maki felong…”  “Fais un film, fais un film” et de s’esclaffer “Mi Gadou, Mi Mama…” “Mon Dieu, Ma Maman”. En insistant bien sur le fait de partager cette histoire, de la mettre en ligne et de vous livrer une partie de notre parcours, parce ce que l’on aime tant la nature.

Guyane/Gwiyàn 2014

 

Guyane/Gwiyàn 2014

 

 

Tous droits réservés pour les textes et les photographies. Janvincen 2014

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